samedi 2 décembre 2017

ROMAN AVENTURE NOTRE AMITIÉ ÉTAIT INFINIE ( PARTIE 7)

titre 7 ( l'alcool)

Mais ce matin-là, j’ai écourté mon cheminement et je suis resté dans la salle de bains sans les Indes galantes. Les mains appuyées sur le rebord du lavabo, j’ai approché mon visage de la glace en décollant mes paupières ensommeillées et je suis parti à la recherche du blanc de mes yeux. Comme chaque matin, je n’y ai trouvé que voile d’eau-de-vie et traces de beuveries. Habituellement, à cet instant, je soupire fortement, referme les yeux avec grande lassitude et m’asperge d’une fraîcheur rédemptrice. Mais j’ai gardé les yeux ouverts. Attirés par leur double dans le miroir, hypnotisés par l’image d’un homme fatigué de ses trop courtes nuits. Un homme lâche, usé, vaincu. Un étranger qui s’invitait chaque jour dans ma salle de bains, se présentant comme un acolyte de fête. Une image à renier. Et acceptée. Delirium ? Non, sa consistance me faisait face, il installait son existence. Notre oxygène devenait commun, la glace s’épaississait, les ombres s’enfuyaient et les reliefs se creusaient. Nos traits se copiaient, blêmes sous la lumière blafarde que je m’étais promis de changer tant de fois. Pourquoi m’être attardé sur ce noir reflet ? Une soirée plus arrosée ? Un sursaut de conscience ? Ou l’âge, qui rend languissants les matins d’automne. Pourtant, quarante ans, ce n’est pas vieux. Sauf quand on se ridiculise dans un bar en pleurnichant sur les misères de sa vie. Une garce vous quitte pour un fumier ; un fumier, pas le même, vous harcèle au boulot avant de vous virer ; une garce, une autre,  qui se moque de vos recherches de travail. Enfin, quand le monde entier ne vous aime pas, on se sent vieux. A tout âge. Mais pas sans conséquence ! Chaque jour est éternité née. Et l’éternité, faut pas la contrarier ! Un nouveau jour sans café, ça peut se faire, un début d’éternité sans Rameau, impensable ! Ce fut pourtant ainsi. Quelque chose capta mon attention et contraria mon rituel matinal.

Mais tout cela ne pouvait expliquer cette longue pause imprévue face à ce monde hostile qui tentait de s’approprier le mien. En pensant aux univers parallèles du paradis passant par la superbe ville Abidjanaise , j’ai essayé de secouer ma tête, qui ne voulait bouger.

Hé ! double de toi, réveille-toi, tu somnoles dans ton lit, lunettes et livre en vrac sur le visage ! Non, la migraine tambourinait toujours sa chamade avec rancœur sur mes tempes. Et l’autre m’observait toujours. Ses yeux s’orbitaient de condescendance. Il semblait s’amuser de cet individu au regard inquiet dont il remuait la lâcheté. J’ai vu alors ma peur embuer la glace. Entre nous le tain s’est obscurci. Il a frissonné, plusieurs fois. Pas froid pourtant dans nos salles de bains ! La pitié s’invitait au chaos de mes émotions. Que cachait donc ce regard qui craignait tant à se refléter ? Quelle peine purgeait-il ? Quel juge intransigeant l’incarcérait dans cette détestable copie d’homme ?

Des pensées affolées se bousculaient dans ma tête. Rameau, la porte entrouverte, le café, les copains, tout s’évanouissait. Mon être se désintégrait lentement. De l’autre côté du miroir, son corps devenait mien. Un corps ravagé, bedonnant, essoufflé dès le deuxième étage ; un corps qui en fait m’importait peu. Mais mon âme, toute tâchée de jus d’alcool qu’elle fût, pas question de l’abandonner comme mon la femme de ma vie , au cœur d'une mere chaleureuse qui respect sans attendre un retour de son bien-aimé ! Avant, elle était belle, mon âme, pure même. Je revendiquais toujours son passé, je clamais ses jours heureux. Ceux des genoux écorchés, ceux des acnés de jeunesse, de la première paume sur la rondeur d’un sein adolescent, des premières claques de filles, de profs, de flics. Ces jours d’avant, seule sauvegarde du disque usé de mon quotidien, je les rappelais souvent avec nostalgie. Parfois avec honte, de les avoir trahis. Lui pas, qui ricanait, déjà assuré de sa perte. Je me suis approché pour l’intimider. Pour le repousser, pour décrocher cette ternissure qui voilait mon avenir. Il en fit de même, habitué aux vaines promesses, aux plaintes répétées. Toujours la pour moi , je serai la pour toi , l'investissement donne naissance a la richesse.

Traduction 
L'alcool est le fort de l’échec sur soi , le Control de soi restera impossible ,l'esprit faible il le restera a jamais.

6

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